Le 4 février 2000
Déclaration des Universités et des Hautes Ecoles, en association avec Madame
la Ministre Dupuis, suite à la participation de l'extrême-droite au gouvernement
autrichien
Communiqué
Les Universités et les Hautes Ecoles de la Communauté française de
Belgique estiment essentiel que leurs étudiants prennent conscience des dangers d'une
prise de pouvoir de l'extrême-droite dans un pays de l'Union européenne.
Durant la matinée du vendredi 4 février, les professeurs seront
invités à commenter, au début de leur cours, la déclaration des Universités et des
Hautes Ecoles.
A 13 heures, les membres des Universités et des Hautes Ecoles ainsi
que leurs étudiants seront invités à se rassembler en un lieu bien identifié de leur
institution afin d'affirmer, par leur présence, le respect de la démocratie et de
la liberté.
Déclaration
Les Universités et les Hautes Ecoles de la Communauté française de
Belgique partagent un idéal de démocratie, de tolérance, de critique responsable et de
libre recherche de la vérité. Elles ont pour mission essentielle de former ceux qui leur
sont confiés à l'exercice de la raison, au développement du savoir rigoureux et au
travail parfois douloureux de la mémoire. L'Union européenne, héritage d'un projet de
construction de la paix et de respect des droits de l'homme dans des pays meurtris par le
nazisme, constitue une tentative remarquable d'incarnation de ces idéaux dans la
réalité concrète de nos peuples.
Or voilà qu'aujourd'hui le Parti conservateur autrichien vient de
former un gouvernement avec le parti de Jörg Haider, qui représente tout ce contre
quoi luttent les institutions d'enseignement supérieur par la formation et la recherche :
l'exploitation de l'ignorance génératrice du refus de l'altérité, la montée de
l'irrationnel, l'absence d'un travail de la mémoire digne de ce nom. L'effort de
formation citoyenne, d'éducation à la réflexion critique et d'accueil de la différence
que nous entreprenons au sein de notre enseignement supérieur serait vidé de son sens si
accédait au pouvoir, dans l'un des pays de lUnion européenne, un gouvernement
auquel participeraient des nostalgiques à peine déguisés du nazisme. Cest la
raison pour laquelle nous unirons nos efforts en vue d'empêcher qu'une régression
politique et éthique majeure ait lieu en Europe. Et surtout, nous continuerons à
accomplir notre tâche d'éveil à la raison critique.
L'Autriche doit savoir qu'elle ne peut à la fois porter au pouvoir des
dirigeants qui prônent le refus des valeurs sur lesquelles se fonde la construction
européenne et vouloir rester membre à part entière de l'Union. Les Universités et les
Hautes Ecoles de la Communauté française de Belgique sont prêtes à coopérer avec ceux
qui, en Autriche, se battent pour introduire dans la vie politique et le système
éducatif le travail de vigilance critique sans lequel les idées les plus barbares
risquent de triompher. Nous affirmons solennellement que nous ne laisserons pas
s'accomplir ce qui constitue également un crime contre l'intelligence.
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